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Par liledekahlan dans Textes et poemes le 7 Novembre 2011 à 07:42
Bonne grosse soupe d'amour
Préparer une grande casserole,
Couper les mots de colère,
garder ceux qui sont adoucissants,
équilibrants,et apaisants ,
Brosser, peler, et laver l'égoïsme,
Hacher les conflits et la froideur,
Enlever la peau de la contrariété et celle des ressentiments avant cuisson,
Rejeter le mauvais, annuler le négatif,
Combiner le respect et la courtoisie,
Ajouter une très grosse canne d'affections,
Une bouteille pleine de délicatesses,
Mesurer un gros contenant plein de bon sens,
Mettre le bouillon de la politesse bien dégraissé de l'inattention,
Un cube d'accessibilité,
Mêler la bonne attitude, la vitalité, l'enthousiasme,
Mettre un bouquet garni de paroles aimables,
Parsemer de poudre de disponibilité,
Saupoudrer de beaucoup, beaucoup d'amour,
accompagné d'une voix douce,
Ne pas mettre trop de reproches,
attention, ça gâterait le tout,
L' ajout de la cordialité donne un très bon petit goût,
On peut varier avec la convivialité,
Certains préfèrent avec un soupçon d'étreintes,
Remuer délicatement,
Épaissir pour lui donner la texture veloutée de la tendresse, Incorporer petit à petit l'humour,
Encore meilleure si on a préalablement prévu la bienveillance.
À feu doux, et porter à ébullition l'émerveillement,
Réduire le feu des arrière-pensées,
Laisser mijoter le don de soi et les p’tits bonheurs,
Poursuivre la cuisson dans une ambiance sereine et chaleureuse.
Un parfum agréable de compréhension se propagera dans toute la maisonnée.
Varier les saveurs.
Et sortez votre plus belle soupière !
Une soupe exquise, saine, équilibrée, bonne à se délecter, chaude et très réconfortante.
Une recette appétissante, nourrissante et adaptable à toute la famille.
On peut l'accompagner de biscuits de gestes sympathiques ou de croûtons de finesses, et d'un filet de bon accueil.
Déguster le plaisir de vous sentir rassasié.
Très bon choix lorsqu'on reçoit la visite à souper.
Un vrai régal !
A prendre sans modération aucune et a distribuer le plus souvent possible
Bonne journée à vous tous !!!!

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Par liledekahlan dans Textes et poemes le 8 Septembre 2011 à 05:41

Les vendanges
Passe un ange
Dans le bleu du ciel
C'est les vendages
Ce nectar sera mis en bouteille
La fête bat son plein
Les boissons coulent a flots
Chacun entame un refrain
Sous un soleil si beau
Ce beau raisin va être pétri
Sous la force de la presse
Il fera un bon Chablis
Notre bouche il caresse
Il sera mis en fût
Une longue période il dormira
Ne soyez pas trop déçu
Les papilles il chatouillera
Le palais il vous embaumera
Avec sa robe de belle couleur
Doucement il vous endormira
Vous offrant toute sa saveur
Auteur: Jean Claude Lemesle

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Par liledekahlan dans Textes et poemes le 28 Juillet 2011 à 04:53

Nocturnes
I
Le vent mélodieux chante dans les pins sombres
Dont les larges bras noirs bougent parmi les ombres
Le ciel s'est étoilé lentement. La forêt
Voit mille yeux bleus s'ouvrir sur son dôme discret,
Et, sur le sol moelleux que vêt la feuille brune,
Luire de fins rayons et des flaques de lune.
Parfois vibre un bruit d'aile, et furtif, égaré,
Un oiseau somnambule apparaît, effaré.
Le soir tendre en chantant, doux comme une âme blanche
Baise et fait frissonner chaque nid sur la branche.
C'est grand comme la nuit et frais comme elle encor.
Et je songe à Vigny, quand éclate le cor !
II
La nuit mystérieuse éveille en nous des rêves,
De beaux rêves rêvés le long des jaunes grèves,
Qui s'élèvent aux clairs de lune familiers
Comme les papillons nocturnes par milliers.
Lourds encor du sommeil dont leurs ailes sont pleines,
Ils montent incertains vers les lueurs sereines
Et disparaissent. Puis, d'autres essaims bientôt
Les joignent, qui s'en vont se perdre aussi là-haut...
Mais le ciel nous les rend, le grand ciel magnanime,
Car il sait que le coeur souvent le plus sublime
Doit à quelque vieux rêve obstinément rêvé
Sa force, et qu'il mourrait s'il en était privé.
III
La lune a mauvais teint ce soir, la lune est jaune.
Elle ne charmera pas cette nuit le faune
Qui danse à sa lueur, autour des troncs moussus.
Tous les hôtes joyeux des bois seront déçus.
Les oiseaux familiers blottis dans les ténèbres,
À sa clarté n'auront que des songes funèbres.
Ah ! Madame la Lune, avec vos traits flétris
Vous ne réjouirez que les chauves-souris !
Mais peut-être aurez-vous sur le cerveau de l'homme
Une influence heureuse, et, durant son long somme,
Pour changer le plomb noir qui l'avilit encor,
Voudrez-vous lui verser au coeur des rayons d'or...
IV
O Lune, qui ce soir a l'air d'une malade,
Lune pâlement bleue, astre cher au nomade,
Lampe d'or du poète et soleil des hiboux,
O Lune ! qu'as-tu donc à pleurer comme nous !
Car ce sont bien tes pleurs, Lune triste et superbe,
Qui perlent au matin à la pointe de l'herbe...
Lune languide et blême, en ton beau ciel de nuit
Être hantée ainsi d'un indicible ennui ;
Au vaste paradis des divines étoiles
Gémir comme une femme éplorée en ses voiles !
Ah ! Lune, nous pouvons nous lamenter un peu
Quand tu pleures, si haut, nous, si loin du ciel bleu !..Auteur: Albert Lozeau

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Par liledekahlan dans Textes et poemes le 23 Juin 2011 à 05:00
Liberté !

De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?
De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages,
Aux sources, à l'aurore, à la nuée, aux vents ?
De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ?
Homme, crois-tu que Dieu, ce père, fasse naître
L'aile pour l'accrocher au clou de ta fenêtre ?
Ne peux-tu vivre heureux et content sans cela ?
Qu'est-ce qu'ils ont donc fait tous ces innocents-là
Pour être au bagne avec leur nid et leur femelle ?
Qui sait comment leur sort à notre sort se mêle ?
Qui sait si le verdier qu'on dérobe aux rameaux,
Qui sait si le malheur qu'on fait aux animaux
Et si la servitude inutile des bêtes
Ne se résolvent pas en Nérons sur nos têtes ?
Qui sait si le carcan ne sort pas des licous ?
Oh! de nos actions qui sait les contre-coups,
Et quels noirs croisements ont au fond du mystère
Tant de choses qu'on fait en riant sur la terre ?
Quand vous cadenassez sous un réseau de fer
Tous ces buveurs d'azur faits pour s'enivrer d'air,
Tous ces nageurs charmants de la lumière bleue,
Chardonneret, pinson, moineau franc, hochequeue,
Croyez-vous que le bec sanglant des passereaux
Ne touche pas à l'homme en heurtant ces barreaux ?
Prenez garde à la sombre équité. Prenez garde !
Partout où pleure et crie un captif, Dieu regarde.
Ne comprenez-vous pas que vous êtes méchants ?
À tous ces enfermés donnez la clef des champs !
Aux champs les rossignols, aux champs les hirondelles ;
Les âmes expieront tout ce qu'on fait aux ailes.
La balance invisible a deux plateaux obscurs.
Prenez garde aux cachots dont vous ornez vos murs !
Du treillage aux fils d'or naissent les noires grilles ;
La volière sinistre est mère des bastilles.
Respect aux doux passants des airs, des prés, des eaux !
Toute la liberté qu'on prend à des oiseaux
Le destin juste et dur la reprend à des hommes.
Nous avons des tyrans parce que nous en sommes.
Tu veux être libre, homme ? et de quel droit, ayant
Chez toi le détenu, ce témoin effrayant ?
Ce qu'on croit sans défense est défendu par l'ombre.
Toute l'immensité sur ce pauvre oiseau sombre
Se penche, et te dévoue à l'expiation.
Je t'admire, oppresseur, criant: oppression !
Le sort te tient pendant que ta démence brave
Ce forçat qui sur toi jette une ombre d'esclave
Et la cage qui pend au seuil de ta maison
Vit, chante, et fait sortir de terre la prison.Auteur: Victor Hugo (1802-1885)

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Par liledekahlan dans Textes et poemes le 8 Juin 2011 à 05:32
Les nénuphars

Nénuphars blancs, ô lys des eaux limpides,
Neige montant du fond de leur azur,
Qui, sommeillant sur vos tiges humides,
Avez besoin, pour dormir, d'un lit pur;
Fleurs de pudeur, oui ! vous êtes trop fières
Pour vous laisser cueillir... et vivre après.
Nénuphars blanc, dormez sur vos rivières
Je ne vous cueillerai jamais !

Nénuphars blancs, ô fleurs des eaux rêveuses,
Si vous rêvez, à quoi donc rêvez-vous ?
Car pour rêver il faut être amoureuses,
Il faut avoir le cœur pris... ou jaloux;
Mais vous, ô fleurs que l'eau baigne et protège,
Pour vous, rêver... c'est aspirer le frais !
Nénuphars blancs, dormez dans votre neige !
Je ne vous cueillerai jamais !

Nénuphars blancs, fleurs des eaux engourdies
Dont la blancheur fait froid aux cœurs ardents,
Qui vous plongez dans vos eaux détiédies
Quand le soleil y luit, Nénuphars blancs !
Restez cachés aux anses des rivières,
Dans les brouillards, sous les saules épais...
Des fleurs de Dieu vous êtes les dernières !
Je ne vous cueillerai jamais !

Jules Barbey d’Aurevilly
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